mercredi, février 15, 2012

Promenade en Birmanie/Myanmar - janvier 2012 (+ Japon et Thailande)

Je sais pas trop par où commencer, donc je vais commencer par le milieu du voyage. Je viens de passer trois semaines assez intenses en Birmanie/Myanmar, avec Antoine-Gary Larouche. Mais avant d’arriver en Birmanie, on a passé par le Japon, et ensuite par Bangkok, question d’aller récupérer nos visas myanmariens.

Bangkok, c’est TOUJOURS drôle. Bonne bouffe, chaos, ping-pong, bruit, ladyboys, chaleur, massages, pollution, bons prix : Bangkok est une ville drôle. Mais là, c’était encore plus drôle parce qu’on a rencontré « tite dent » Blanchet, Bruno de son prénom (la deuxième vedette québécoise qu’Antoine et moi rencontrons en Asie, après Jean Leloup au Vietnam). On a fait le party comme jamais avec lui et une dizaine de Québécois dans les rues de Bangkok, dont une amie du secondaire que j’avais pas revue depuis 10-15 ans. Ça s'est terminé très tard avec une star très saoûle.

Drôle drôle de soirée...




Bruno qui m'aime

Bruno qui me bat











Bangkok, depuis les sérieuses inondations qui l'ont secouée à l'automne 2011, est rendue dangereuse. La preuve, c'est que comme on peut voir sur ces photos, les canaux sont maintenant infestés d'énormes lézards-dragons mutants, aussi gros qu'un crocodile. Je les avais jamais vus avant...Je sais pas pour la Thailande, mais en Malaisie, ces lézards tuent des humains à chaque année.








BIRMANIE

La Birmanie/Myanmar est peut-être le pays le plus pauvre d’Asie du Sud-Est, affecté depuis longtemps par les sanctions internationales et une junte militaire très incompétente. Mais depuis quelques mois, depuis que la militante démocrate Aung San Suu Kyi (The Lady) a été libérée et que le pouvoir a été transféré à un gouvernement « civil », on sent qu’il y a de l’espoir...

Ici, contrairement à la Thailande, pas de McDonald, de 7/11, ou de KFC, les hommes portent la longue jupe et les femmes se mettent une crème jaune sur le visage et ont de beaux cheveux. Des hommes en jupe? L'égalité des sexes, c'est en Birmanie qu'on la trouve.










Filles avec la crème jaune, appelée thanaka. C'est fait à partir d'écorce concassée, et ils disent que c'est un cosmétique et que ça protège du soleil. Ils disent aussi que c'est un médicament qui adoucit la peau, guérit la grippe, élimine les maux de tête, repousse les moustiques et fait courir plus vite.














Un homme avec le vêtement national, la longue jupe appelée longgyi.

Je sais que souvent on s’attend à ce que je raconte des péripéties, mais cette fois-ci, j’ai pas mangé d’araignées, je me suis pas battu avec quelqu’un pour mon portefeuilles, j’ai pas dormi à côté d’un volcan en éruption.

Sauf qu’une fois, à Bagan, alors qu'on marchait près de la rivière, Antoine et moi nous sommes faits attaquer par une oie géante et enragée. Oui, pour vrai. Alors qu'on marchait, innocents et insouciants, dans un sentier à côté d'une famille d'oies, la géante nous a soudainement couru après en criant, le feu dans les yeux, et on s'est enfui comme des midinettes. On a presque eu peur de mourir, vous demanderez à Antoine.


J'essaie d'oublier cet épisode traumatisant, mais d'après mes souvenirs, l'oie qui nous a attaqués ressemblait à ça. (Je n'ai pas pris cette photo)


Voici donc quelques photos et commentaires sur la Birmanie.


La pagode Shwedagon, à Yangon:



Je pense que normalement, je ne suis pas censé dire ça à propos de mes propres oeuvres, mais je trouve cette photo vraiment belle

Vue de la pagode Shwedagon le soir




À Yangon, quand un véhicule veut passer au marché, pourquoi tout déplacer? On aligne tout et le camion passe dessus, c'est tout...


Vendeuse de viande hygiénique


En fait, voici ma photo préférée: petit garçon qui s'amuse avec les chandelles à la pagode Shwedagon



MANDALAY
Le pont U Bein, près de Mandalay


Près du pont U Bein


Un jour, en faisant du vélo à la campagne, on arrête dans un petit village où des haut-parleurs crachaient une musique très drôle. C'était un petit festival local où tout le monde se réunissait pour manger, et à peu près rien d'autre, d'après ce que j'ai compris. En Myanmarie, faut croire qu'ils ne voient pas souvent des Blancs manger, parce qu'une vingtaine de personnes nous ont entourés pour admirer ma technique des "trois doigts pour manger", un art que je maîtrise bien. J'aimais bien cette attention un peu bizarre. Antoine un peu moins.


Un moine dans un temple à Mandalay

Pourquoi je vais toujours dans des pays poussiéreux??

BAGAN:


Les légendaires plaines de Bagan, avec ses centaines de temples à perte de vue




Coucher de soleil sur la plaine. J'ai eu mal aux yeux.



LAC INLE

Le Lac Inle est l'une des destinations les plus visitées en Birmanie, et avec raison. C'est l'un des endroits les plus intéressants et singuliers que j'ai eu la chance de visiter, avec Varanasi en Inde, Wadi Rum en Jordanie, et Laval au Québec.

Plusieurs villages flottants peuplent les berges du lac. Ces villages sont vraiment flottants: le seul moyen de les visiter est en bateau, et les villageois doivent prendre le bateau ne serait-ce que pour aller visiter leurs voisins.


La rue principale à Mein Tauk, mais pas de magasin général




Le seul restaurant du village, où on a mangé devant une vue extraordinaire. Pas possible de partir sans payer cependant...quand tu finis de manger, tu dois demander à la propriétaire de te ramener vers le pont en bateau...

Gentille dame qui nous a fait faire un tour de bateau dans son village (en fait, celle-ci est ma photo préférée)


Pêcheur sur le lac


Pêcheur

Pauvre rat qui a trop bu

Ti-nenfants

tite-fille et maman

Quelque part au sud-est du Myanmar, voguant sur la rivière entre Mawlamyine et Hpa-an

Vue du sommet de la montagne Zwegabin, montée en un temps record d'une heure et vingt (essayez de battre ça juste pour voir)

Finalement, pour ceux qui sont intéressés à aller en Birmanie/Myanmar, quelques réflexions et conseils que j'ai notés:

1- Mâcher la noix de bétel est une passion nationale pour les Myanmariens. Le seul problème c'est que ça détruit la bouche et les dents, ça cause des maladies, et si tu en mâches beaucoup tu peux te sentir un peu saoul. Mais ça donne une dentition légendaire. Donc, quand vous allez au Myanmar, vous devez absolument essayer la noix de bétel.

2-Les routes sont affreuses et les autobus sont bien battus et remplis à sur-capacité, avec des passagers sur le toit. Quand t'as la diarrhée, t'es pas très heureux. Quand vous pouvez, prenez l'avion.


3- Sachez comment tenir un bébé, car on aime bien les prêter aux étrangers



4- Restez loin des oies.


C'est pas mal ça pour les conseils.


JAPON

Avant la Thailande et la Birmanie, quelques jours au Japon pour le jour de l'An...


Le Japon, pays des machines distributrices...



Jour de l'An

Journée tranquille dans le quartier Harajuku

dimanche, août 28, 2011

Waka waka - Tanzanie - Rwanda, été 2011


Pour mon premier voyage en Afrique, j'ai passé environ cinq semaines en Tanzanie et au Rwanda. Avant de partir, on m'a souvent demandé ce que j'allais faire là-bas. La réaction du douanier américain en disait long sur l'idée que bien des gens ont de l'Afrique.

- Vous allez où?

- En Tanzanie et au Rwanda

- Pourquoi?

- pour le fun

- pour le fun? qu'est-ce qu'il y a à faire là pour le plaisir?

J'ai trouvé ça un peu drôle. En Tanzanie, il y a l'île de Zanzibar, le Kilimanjaro, et plein de girafes, mon animal préféré depuis ma deuxième année de secondaire. Et le Rwanda, sincèrement, je sais pas trop ce qui m'attirait là, à part le fait qu'on m'avait dit que c'était joli.


J'atteris donc à l'aéroport de Dar Es Salaam, la plus grande ville de Tanzanie avec 3 millions d'habitants, à 3h du matin le 21 juillet, sans réservation aucune. Myoung arrivait quant à elle à 9h30. Arriver en plein milieu de la nuit dans une grande ville africaine sans réservation n'est vraiment pas recommandé par les guides de voyage et les médecins. Mais j'ai réussi à trouver un chauffeur de taxi à l'allure presque fiable, et il m'a amené promptement à un hôtel pas loin où j'ai pu dormir un peu.


Magasin de pantalons, Arusha en Tanzanie


Amuseur public, Arusha


Parc national de Tarangire

C'est l'fun l'Afrique. Les gens sont souriants et il y a plein de choses drôles dans les rues, comme par exemple des gens qui me parlent en swahili, moi qui ne suis pourtant pas très très noir.

Ce qui était nouveau pour moi, c'était les problèmes de sécurité. Moi qui suis habitué à me promener sans problème (quand tu passes à côté des gangs de rue au Japon, ils s'inclinent pour s'excuser d'avoir été dans ton chemin), l'Afrique de l'Est c'est autre chose. Quand, en Tanzanie, un gars de la place te dit de ne pas sortir après la tombée de la nuit parce que c'est trop dangereux, tu fais ce qu'il dit. Quand une employée d'hôtel te dit de prendre un taxi pour aller au resto qui est deux coins de rues plus loin, tu te poses des questions. Quand la gérante d'un bar te dit d'attendre ton taxi dans le stationnement parce que si tu l'attends dans la rue parce que tu risques de te faire attaquer, tu l'écoutes.

D'ailleurs, pour la première fois de ma vie, j'ai été victime d'un pickpocket, à Mwanza, dans l'ouest de la Tanzanie. Ce matin-là, Myoung et moi partions vers le Rwanda, et devions nous rendre à la station à 5h pour prendre notre autobus qui devait partir à 5h30. On arrive avant l'aube, mais la station est déjà bondée, et des centaines de personnes attendent des dizaines d'autobus. Quand notre autobus arrive enfin, à 7h du matin (T.I.A. comme ils disent) c'est un peu la cohue pour rentrer et prendre les places. Alors que je me dirige vers mon siège, un homme d'environ 50-60 ans part de l'arrière et se dirige vers la sortie. Alors qu'il passe à côté de moi, il me pique mon porte-feuille. Un vrai pro, je le jure, j'ai RIEN senti. Mais par un hasard incroyable, ou peut-être par instinct, après son passage je mets ma main sur ma poche, et la trouve vide. Je me retourne, et je vois l'homme presque arrivé à la sortie. Sans réfléchir, je saute vers l'avant, et tel un ninja, je lui fait la prise de l'ours ougandais, lui passant la main par-dessus l'épaule jusqu'à son ventre, l'immobilisant et le forçant à se pencher vers l'avant. Le vieux délinquant se met à crier et à pointer par terre en direction de mon porte-feuille qu'il venait de laisser tomber. Je pousse l'homme hors de l'autobus et me mets à l'insulter comme du poisson pourri. Et j'ai l'impression que les autres passagers se sont joints à moi, puisque de nombreuses personnes se sont mises à lui crier après aussi. Leçon de l'histoire: il faut toujours tenter de se faire voler par plus faible que soi.


Marché à Moshi


SAFARI

Le Serengeti

Dans le nord du pays, on s'est payé un petit safari-camping de quatre jours. Même si j'adore le plein air, je déteste passionnément le camping, mais la formule camping était la moins chère et la plus authentique.


Parc national de Tarangire

Serengeti


Un troupeau (meute? horde? gang?) de gnous dans le Serengeti



Éléphants, zèbres, giraffe (Serengeti)


Bande (groupe? horde?) de girafes (Serengeti)


Guépard (Serengeti)


Lionnes dans le Serengeti


Cratère du Ngoro Ngoro



La deuxième nuit était la plus extraordinaire. Le campement était en plein milieu de la savanne. D'ailleurs, on nous avertissait très clairement de ne pas nous éloigner des tentes la nuit à cause des lions et autres animaux. La troisième nuit, deux gardes armés gardaient le campement. Juste derrière les toilettes du camp, un énorme éléphant mangeait tranquillement pendant des heures. Joli. Disons que quand t'as envie de pisser pendant la nuit, tu te retiens. Les lions, je préfère les voir de l'intérieur du 4X4.


Gros éléphant derrière les toilettes du camp


Le très rarissime rhinocéros noir, Ngoro Ngoro


Ngoro Ngoro


Ngoro Ngoro



LE KILIMANJARO

Myoung et moi avons tenté l'ascension du Kilimanjaro, la plus haute montagne d'Afrique, son sommet étant à presque 6000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Je sais pas trop ce qui m'a pris d'essayer ça. Je ne sais pas si je l'ai déjà dit, mais j'aime vraiment pas le camping, et l'idée de passer quelques nuits en montagne dans une tente à -2000 degrés celcius ne m'attirait pas tant que ça. Et pas de douche. Je savais que ça serait difficile, mais quand j'ai su en plus que ça nous prendrait cinq jours pour atteindre le sommet (ainsi que deux jours pour redescendre) et qu'à chaque année des étrangers et porteurs meurent en tentant l'ascension, je me suis dit fuck, c'est du sérieux.

photos:


J'étais sérieusement sous-équipé, comme on peut voir sur la photo. Je n'avais pas de manteau, pas de bottes, pas de chapeau, et j'ai monté en jeans. Heureusement, la compagnie qui nous a fournis guide, cuisinier et porteur m'a aussi prêté quelques éléments essentiels.

Branle-bas de combat chez les porteurs pour préparer l'équipement



J'ai commencé à avoir de sérieux doutes quant à mes chances d'atteindre le sommet lors de la troisième journée à mon arrivée au campement situé à 3900 mètres d'altitude. Il y a pas beaucoup d'oxygène par rapport au niveau de la mer, et tu le sens vraiment. J'étais facilement essouflé, et à mon arrivée au camp, j'ai commencé à souffrir de maux de tête. Et j'étais loin d'être le seul. En me promenant un peu dans le camp, j'ai vu d'autres randonneurs qui étaient mal en point. Je pensais vraiment que je ne quitterais pas le camp le lendemain matin. MAIS, après des oeufs bien gras le lendemain matin, je me suis senti assez bien pour continuer (quoi de mieux que de l'huile et de la graisse pour se remettre sur pieds?).

Ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'on passe par cinq zones climatiques distinctes durant la montée. On commence dans une zone tropicale, alors qu'on finit au pôle nord avec des températures de -20.


Notre vaillante équipe de porteurs, bravant le froid à 4000 mètres


Vue de notre campement lors de la troisième nuit, à 3900 mètres. Un peu intimidante, cette montagne...

Lever du soleil en approchant du sommet...

Des glaciers immenses près du sommet.

Après cinq jours d'ascension, on a atteint le sommet avec nos deux guides le matin du 4 août à 7 heures du matin. Fuck yeah.

Les six heures qu'ont duré l'ascension finale ont été les plus dures de ma vie. D'abord, on arrive la veille au camp Barafu vers 17-18 heures. Celui-ci est à 4700 mètres d'altitude, et on a à peine le temps de s'y acclimater. Vers 19-20h, on se couche, mais on dort à peine parce qu'il fait froid et qu'il n'y a pas assez d'oxygène. Je sens que ma tête est bizarre, que ça tourne pas rond là-dedans...

Vers minuit, on cogne à la "porte" de notre tente. Mon guide nous offre quelques biscuits secs, mais je fais réveiller notre cuisinier et lui demande de préparer des oeufs. Non mais, je vais pas monter 1200 mètres la nuit avec 2-3 biscuits secs dans l'estomac, tu te moques de moi, mon gros.

Je mange deux oeufs, et à minuit trente on commence l'ascension. Déjà, je suis crevé, il fait sérieusement froid, j'ai faim, et en plus on doit monter 1200 mètres à la noirceur totale, à la seule lueur de deux lampes de poches.

La vue au sommet est absolument incroyable. Pas pour la vue des environs, puisqu'une immense nappe de nuages entoure le sommet et empêche de voir quoie que ce soir. Le sommet lui-même est incroyable, avec ses glaciers immenses, son cratère et ses roches roses. Par contre, on a pas pris le temps de l'apprécier; une fois au sommet, je le jure, je n'avais qu'une seule idée, c'était de redescendre tout de suite et rejoindre la civilisation.


MOSHI

Après le Kilimanjaro, on s'entend qu'on avait besoin d'une bonne grosse journée de relaxation. On a terminé ça en beauté, dans un excellent bar, le Glacier, où le groupe local m'a même invité à monter sur scène pour jouer 4-5 chansons avec eux. Pas mal cool, merci les gars.


On voit clairement que je n'ai aucune idée de ce que je joue. Je regarde les accords joués par l'autre guitariste, et j'essaie de suivre...



ZANZIBAR











RWANDA

Les minibus à Kigali sont décorés à l'effigie de stars occidentales. Ici le minibus Shakira. J'ai vu le minibus Eminem, le minibus Drake. J'ai même cru voir de loin le minibus Roch Voisine.

À Kibuye, j'ai loué une moto et enfilé la veste des chauffeurs de moto-taxi au Rwanda. J'ai jamais autant attiré l'attention.


Barack Obama est très populaire en Afrique de l'est, son visage étant sur plein de sacs. La femme en vert n'est pas d'accord avec moi.

Enfants bien drôles à Kibuye, dans l'ouest du Rwanda. Futur pimp à droite.

Diane Nkusi qui fait la promotion de son nouveau CD religieux, le très bien nommé "La folie de la foi".

Kigali


Kibuye, sur les rives du lac Kivu, près de la République démocratique du Congo. Vraiment un superbe pays, avec des gens très accueillants. On a peine à imaginer toute l'horreur qui a eu lieu lors du génocide il y a seulement 17 ans...

"Hôtel Rwanda", où Paul Rusesabagina a sauvé plus de 1000 Rwandais du génocide en 1994